dimanche 30 mars 2025

Le 30 mars

 Navigation de nuit et arrivée à 8 h à Tortel


Le programme de la matinée prévoyait l'option 1  avec randonnée de 2 heures (4 km parait-il). J'imagine qu'un bon nombre de passagers avait senti le piège et avait choisi l'option  2  avec danses folkloriques et buffet.  Le beau temps ayant bien dégagé le paysage, il n'y avait plus qu'à y aller.  On nous avait prévenus quand même que l'on trouverait une dénivelé de 200 m et qu'il fallait s'équiper de bonnes chaussures car il y aurait de la boue: quel doux euphémisme!

A Tortel comme hier à Puerto Eden, tout le front de mer est parcouru par une passerelle qui doit bien faire 1 km. Passerelle en bois avec rampes tout au long mais dès que le sentier de randonnée commence, on se retrouve à marcher en équilibre sur 2 poutres parallèles (heureusement pas glissantes), puis quelques escaliers assez étroit où il est  vital de regarder ses pieds plutôt que le paysage. Après avoir quitté ces planches salutaires, les choses sérieuses commencent une grimpette de 200 m dans le la boue, des rochers, de la mousse spongieuse et souple à souhait qui permet à l'eau de rentrer dans la chaussure. ET çà monte et çà monte! Une fois arrivé au sommet et presque à la moitié du chemin, une personne de l'ORGANISATION  nous a fait faire demi tour car il était déjà trop tard  pour terminer le parcours. Quelques personnes ont eu des difficultés pour revenir et il a fallu l'aide de nos guides pour les aider à rentrer.

La famille Salvano avait bien prévu le coup, un sportif sur l'option 1  et l'autre intellectuelle sur l'option 2 .







Cette oeuvre représente "le peuple des canaux". Pour bien connaitre l'histoire de ce peuple, il faut lire le livre de J.Raspail "Qui se souvient des hommes?".
Ce sont les premiers  hommes qui ont traversé le détroit de Bering il y a 15000 ans et qui ont été refoulés petit à petit vers le sud  par les nouveaux arrivants. On estime qu'à raison de 35 à 40 km par génération ils se sont retrouvés repoussés à l'extrêmité du continent américain et sont allés vivre  sur l'eau. On  connait ces peuples fuégiens sous le nom d'Alakaluf  ou kaweskars.

On pense qu'ils étaient quelques milliers lorsqu'ils ont été découverts par les premiers européens,  Chaque famille vivait dans un canot fait d'écorce de hêtre en autonomie complète. Ils entretenaient tous un petit foyer dans le fond du bateau. Ils erraient dans les canaux, s'arrêtant pour un soir dans une crique. Ils avaient vite fait de se construire un abri (un tchélo) avec quelques branches trouvées sur place et recouvert de peau de phoque. Ils vivaient généralement nus avec une simple peau sur les épaules mais leurs corps étaient compètement recouvert de graisse. Ils se nourrissaient principalement de fruits de mer (des moules énormes pêchées par les femmes) , de phoques ou de baleine lorsqu'ils en trouvaient une échouée et morte sur une plage.










 "on fait demi tour de l'option 1"

et pendant ce temps dans l'option 2





























Il y a même une plage, pourquoi pas?

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Et ce soir ultime cadeau, passage devant l'île Wager; encore toute une histoire mais en quelques mots pour ceux que çà intéresse.  Ce n'est pas une île comme les autres car elle a une histoire tragique.


On est en 1741, les Anglais apprennent qu'un galion espagnol doit passer par Magellan pour ramener une importante cargaison d'or en Espagne. Ils forment une escadre de plusieurs navires commandés par l'amiral Anson dans le but d'intercepter le galion. Malheureusement à l'entrée ouest du détroit un des bateaux "le Wager" fait naufrage mais l'escadre anglaise continue son chemin. Le Wager se brise sur l'île qui porte désormais son nom. Les survivants vont rester des mois sur cette île en récupérant toutes sortes de choses parmi les restes du naufrage.  Il y aura des bagarres, des mutineries et même l'excution d'un mutin par le capitaine. Finalement 2 groupes se forment et partent séparement naviguer sur les canaux. Le groupe avec le capitaine comprend un jeune officier du nom de Byron. Ils vont rencontrer des indigènes et vivre avec eux un certain temps en adoptant leurs manières de vivre. Ils seront par la suite récupérés et emprisonnés par les Espagnols et ne rentreront en Angleterre que 5 ans après leur départ.  Toute cette histoire est relatée par John Byron (texte disponible sur demande) et reprise largement par David Cranne dans son roman "Les naufragés du Wager"

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Bon maintenant au lit car nous avons quitté les fjords pour le PACIFIQUE et çà bouge.